La qualité de l’eau en baie de l’Aiguillon, pourquoi et comment la mesurer?

Pourquoi mesurer la qualité de l’eau?

À l’interface continent-océan, la baie de L’Aiguillon est soumise à l’influence des eaux marines d’une part et des eaux douces de façon plus ou moins régulière et dépendante de la gestion du bassin versant. Ces apports constituent l’un des facteurs clé du fonctionnement de l’écosystème, en contrôlant en partie la production primaire de la baie.

En effet, les arrivées d’eau douce en baie de l’Aiguillon régulent la salinité plus ou moins fortement dans le temps et dans l’espace. Le phytoplancton et la faune benthique des vasières, principale ressource alimentaire de milliers d’oiseaux d’eau hivernants en baie, vont donc dépendre directement de ces variations.

Des mesures de salinité en continu au sein de cette zone côtière permettent, par exemple, de rendre compte de l’hétérogénéité des masses d’eaux influencées par ces différentes sources d’eau douce et marine. Les fluctuations de ces apports sont donc devenues une préoccupation en termes de gestion, de préservation du milieu et de son utilisation notamment par les professionnels de la pêche et de la conchyliculture.

Comment mesurer la qualité de l’eau?

Sonde du canal de Luçon

laboratoire environnement et alimentation de vendée prélèvement eau sèvre

Prélèvement d’eau par le LEAV

Le programme LIFE Baie de l’Aiguillon a permis la mise en place de sondes de mesure en continu de température et salinité au niveau du Chenal Vieux, du Canal de Luçon, du Canal du Curé, de la Sèvre Niortaise et du Lay. Ces outils installés au niveau du bassin versant peuvent permettre de mesurer les variations de ces masses d’eau en termes de température et salinité susceptibles de fournir des éléments quant à la distribution de certaines espèces de poissons et oiseaux et aussi quant à l’influence de ces apports terrestres sur la baie.

En parallèle, des mesures complémentaires (apports de nitrates de forme chimique ou minérale et la flore phytoplanctonique) sont effectuées tous les quinze jours sur les cinq émissaires principaux du bassin versant et trois points côtiers (bouées Sèvre et Lay et filière), afin d’étudier leur dynamique spatio-temporelle et de quantifier ces apports à la baie grâce aux mesures de débits en parallèle.

 

Localisation des points de mesures de la qualité de l’eau

Dans le cadre de cette action LIFE Baie de l’Aiguillon, une convention partenariale est établie entre l’IFREMER, l’Etablissement public du Marais Poitevin et les gestionnaires de la Réserve Naturelle Nationale de la Baie de l’Aiguillon. L’IFREMER participe donc directement à la formation du personnel pour l’utilisation des sondes ainsi qu’à la valorisation des données récoltées. Les prélèvements et analyses bimensuels (nitrates et phytoplancton) sont eux réalisés par le laboratoire de l’environnement et de l’alimentation de la Vendée (LEAV).

Premiers résultats…

Les mesures via les sondes sont effectives depuis le mois de janvier 2017 (novembre 2016 pour certaines). Elles mesurent en continu la salinité, la température et la profondeur de l’eau. Les données sont récoltées tous les mois et analysées au fur et à mesure par l’IFREMER.

Voici, à titre d’information, un aperçu des résultats obtenus sur le canal du Chenal vieux en Vendée et la Sèvre Niortaise au niveau du pont du Brault. Alors que les variations de température semblent évoluer de la même façon sur les deux sites, on note une différence de variation du taux de salinité : la salinité peut être proche de 0 et atteint 20 g/L sur la Sèvre Niortaise alors qu’elle varie entre 3 et 32 g/L sur le Chenal vieux.

Premiers résultats de l’étude des variations de température et de salinité sur le Chenal vieux et la Sèvre Niortaise © IFREMER

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